Le Français Albert Fert, 69 ans, qui vient de recevoir le Prix Nobel de physique 2007 avec l'Allemand Peter Grünberg pour leur découverte de la magnétorésistance géante, est un ancien élève de l'Ecole normale supérieure, docteur ès sciences (1970).
Né le 7 mars 1938 à Carcassonne, professeur à l'Université Paris 11 (Orsay, région parisienne), il effectue ses recherches à l'Unité mixte de physique CNRS/Thales dont il a été l'un des fondateurs en 1995.
En début de carrière, au Laboratoire de physique des solides d'Orsay, ses recherches ont porté sur de nombreux problèmes de la physique des métaux et du magnétisme.
Au milieu des années 1980, Albert Fert a été un des pionniers des études de nanostructures magnétiques et, en 1988, dans une collaboration avec un laboratoire de Thomson CSF, il a découvert le phénomène de magnétorésistance géante (en anglais Giant MagnetoResistance, GMR).
La GMR a des applications importantes. Elle est aujourd'hui utilisée notamment pour la lecture des disques durs des ordinateurs et a permis une augmentation considérable de l'information stockée sur un disque. La découverte de la GMR a donné le coup d'envoi d'un nouveau domaine de la physique, la spintronique.
"L'électronique de spin, expliquait Albert Fert en recevant la Médaille d'or du CNRS en 2003, exploite une caractéristique quantique de l'électron: le spin, que l'on peut imaginer comme une minuscule aiguille de boussole portée par l'électron".
Alors que l'électronique classique guide les électrons en exerçant une force sur leur charge électrique, l'électronique de spin les guide en agissant sur leur spin.
Albert Fert a reçu récemment une grande distinction scientifique japonaise, le Japan Prize 2007, pour sa découverte de la magnétorésistance géante et sa contribution au développement de la spintronique. Il partageait déjà cette récompense avec son collègue allemand Peter Grünberg.